Quelque part mes lèvres reposent tranquilles
Avec Quelque part mes lèvres reposent tranquilles, Mélanie Bizier signe une œuvre hybride à la frontière du récit et du poème. Porté par une langue orale, incisive et profondément incarnée, le livre explore les traces laissées par l’enfance blessée, le deuil, l’abandon et la survie, sans jamais céder au pathos.
Construit en trois mouvements, ce texte suit une narratrice nommée Souffrance qui tente de recomposer une existence marquée par la violence ordinaire, la perte des parents, l’hospitalisation et une solitude radicale. À travers une écriture d’une précision parfois clinique, traversée d’humour noir et d’éclats de tendresse, Bizier fait émerger une parole singulière sur la fragilité des corps et ce qui persiste malgré tout du côté vivant.
Relevant autant de la fiction poétique que du récit de résilience, Quelque part mes lèvres reposent tranquilles s’inscrit dans une littérature québécoise contemporaine qui ose le risque formel pour rendre justice à l’intime.
Mots clés : DEUIL PARENTAL · ENFANCE ET VIOLENCE · SANTÉ MENTALE · IDENTITÉ FÉMININE · RÉCIT HYBRIDE · LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE · RÉSILIENCE
Chaque matin, je suis aquatique. Mon corps glisse sur les vagues, apprivoise l’apesanteur. Au plafond, le ciel appartient aux autres. Puis j’ouvre les yeux. Le jour m’attaque, je suis une carcasse échouée dans le Corning Ware de mon lit. J’attends que les couleurs m’émeuvent.
