Je n’ai pas pris de photos
Au fil d’une année de culture maraîchère, de l’hiver à la neige finale, Guillaume Baril fait du travail de la terre une manière de dire l’amour, la paternité et le temps.
Organisés selon le cycle des saisons, les poèmes vont du haïku au poème en prose, en passant par le vers libre, la ballade et le rondeau. Le « je », maraîcher fatigué et tendre, préfère les poèmes aux photos, observe les « vieux » qui guettent le gel, attend une compagne et interroge le silence des hommes. Le ton circule entre lyrisme, ironie et parler québécois.
Le recueil, dont un poème est dédié à Joséphine Bacon, s’inscrit dans une poésie québécoise attentive au territoire. Sa lucidité sur la consommation et sur l’héritage masculin rejoint des questions actuelles, et son écriture dense fait de l’image agricole une pensée : « La fleur éclose est parfois le légume qui a failli ».
Je n’ai pas pris de photos
les images qui ont mentoré mon regard
viennent de livres où il n’y en avait pas
